Lorsque je réalise des études sur mes fleurs et plantes préférées dans mon carnet, je m'inspire des artistes du passé. En Occident, le peintre allemand de la Renaissance, Albrecht Dürer, fut le premier à se tourner vers la nature, notamment à travers ses études de gazon, de lièvre et de lucane cerf-volant. Il marqua un tournant important dans l'art occidental, lorsque les artistes commencèrent à observer le monde qui les entourait avec la même rigueur que les premiers naturalistes. Cette approche radicalement nouvelle du monde naturel se développa avec l'importation d'une faune et d'une flore inhabituelles du Nouveau Monde. Ces plantes et animaux extraordinaires ne correspondaient pas aux catégories établies et contribuèrent, d'une certaine manière, à l'essor de la révolution scientifique.
Dans nos jardins modernes, avec l'immense variété de plantes à notre disposition, nous pouvons ressentir une partie de l'émotion qu'éprouvaient les artistes et les scientifiques lorsqu'ils découvraient des plantes remarquables pour la première fois. C'est cette sensation que je m'efforce de retranscrire dans mes notes : celle de voir la plante étudiée pour la première fois et d'être emplie d'émerveillement et d'enthousiasme. C'est pourquoi je ne réalise pas toujours un rendu très précis. J'aime donner à ma peinture une impression de mouvement et de grâce, et je n'ajoute pas systématiquement chaque détail. J'essaie de saisir l'aspect de la plante lorsque mon regard la parcourt pour la première fois, s'arrêtant ici et là, sans encore se fixer.

ÉTAPE 1 – Croquis
J'utilise un crayon 2H pour l'esquisse initiale, que je réalise souvent en extérieur, même en hiver. Il m'arrive de couper une fleur ou un feuillage et de le travailler dans mon atelier. Mon esquisse reste un simple dessin de contour, sans indication de lumière ni d'ombre. Si je prévois de peindre par la suite, je prends des notes sur la direction de la lumière.

ÉTAPE 2 – Masque
Appliquer Liquide de masquage DANIEL SMITH Pour les tiges et les formes de fleurs, utilisez les embouts spéciaux fournis avec le liquide de masquage lorsqu'un trait plus fin est nécessaire.

ÉTAPE 3 – Lavage
Après avoir humidifié toute la page autour des formes masquées, déposez un mélange de Jaune de cadmium teinte moyenne et Vert Hooker. Vous pouvez choisir de refroidir et de neutraliser ce mélange avec un peu de Outremer français et Terre d'ombre brûlée. Mélangez ensuite du vert Hooker, du bleu outremer français et de la terre d'ombre brûlée en grande quantité. Tant que le lavis clair est encore humide, appliquez ce mélange plus concentré près des fleurs et des tiges.
Si j'utilise uniquement le bout du pinceau pour prélever le mélange le plus saturé, il est plus facile d'éviter les coulures qui peuvent résulter d'un pinceau trop chargé.

ÉTAPE 4 – Retirer le masquage
Une fois le lavage sec, retirez le liquide de masquage à l'aide d'un applicateur de colle à caoutchouc.
ÉTAPE 5 – Tiges et feuilles
Peignez les tiges et les feuilles avec un mélange de jaune de cadmium moyen et de vert Hooker. Tant que le lavis est encore humide, créez des zones d'ombre avec le même mélange auquel vous avez ajouté du bleu outremer français et un peu de terre d'ombre brûlée. La saturation doit être plus intense pour ce mélange.

ÉTAPE 6 – Fleurs
Modelez les formes des fleurs en appliquant un lavis gris dans les zones d'ombre. Utilisez un mélange de bleu outremer français et de terre d'ombre brûlée.

ÉTAPE 7 – Détails
Ajoutez les nervures des feuilles à l'aide d'un petit pinceau fin ou de votre plus petit pinceau rond. La saturation doit être plus intense que celle utilisée pour les zones ombrées des feuilles.

ÉTAPE 8 – Nom
Nommer la plante donne à l'entrée du journal l'apparence d'une illustration botanique. Vous pouvez diluer Encre de noix DANIEL SMITH avec de l'eau distillée pour obtenir une teinte plus pâle, qui rend souvent mieux avec l'aquarelle.




