Voici une entrevue avec Anastasios Georgopoulos
Pourquoi créez-vous de l'art ?
L'art m'accompagne depuis toujours, mais le véritable tournant a été la découverte du croquis urbain. Grâce à des croquis rapides réalisés sur le vif, j'ai découvert la magie de l'aquarelle et les incroyables possibilités d'exprimer l'émotion, l'atmosphère et le mouvement avec seulement de l'eau, des pigments et la gravité.
L'interaction entre les coups de pinceau maîtrisés et les lavis imprévisibles m'a immédiatement fascinée. L'aquarelle est vivante : elle coule, réagit, surprend. Ce médium nous oblige à lâcher prise, à vivre l'instant présent et à embrasser le comportement naturel de l'eau. C'est précisément là que réside sa beauté à mes yeux.
Au fil des années, ma pratique créative a évolué : je ne me contente plus de faire des croquis, mais je crée aussi des aquarelles autonomes dans lesquelles je joue consciemment avec la transparence, la profondeur et la belle imprévisibilité du médium.
Depuis combien de temps peignez-vous ?
Depuis mon enfance, j'ai toujours adoré dessiner, bricoler et construire des choses. Avec le temps, entre les études, un emploi à temps partiel et mon parcours universitaire, j'ai eu de moins en moins de temps à consacrer à cette passion. Cependant, en 2017, je l'ai redécouverte grâce au croquis urbain, où j'ai pris goût à saisir rapidement des scènes sur le vif et à travailler à l'aquarelle.
Avez-vous suivi une formation artistique formelle ?
Oui, j'ai une formation artistique. J'ai suivi des cours d'art avancés à l'école, ce qui m'a permis d'acquérir de solides bases. Par ailleurs, j'ai suivi de nombreux cours en ligne avec des artistes renommés ainsi que des séminaires en présentiel. Grâce à ces expériences, j'ai pu développer et affiner mon propre style artistique.
Parallèlement, je me considère en grande partie comme autodidacte : j’aime expérimenter avec différents matériaux et apprendre sans cesse par la pratique. Je peins non pas par formation, mais par pure passion.
Êtes-vous un artiste professionnel ou un amateur ?
Je me considère comme une amatrice. J'apprécie énormément la liberté que m'offre l'indépendance financière, n'étant pas tributaire de la vente de mes œuvres ou de mon savoir. Je crois que cette indépendance a une influence très positive sur mon processus créatif.
Cela me permet de créer en toute liberté, en fonction de ce qui me plaît et de ce qui m'inspire sur le moment, sans aucune pression ni obligation. Ma démarche est guidée par la curiosité et la passion plutôt que par des attentes, ce qui me permet de rester authentique et ouverte à l'expérimentation.
Qui ou quoi vous inspire ?
Je puise mon inspiration dans ce que je vois et vis au quotidien, ainsi que lors de mes voyages. J'aime observer attentivement mon environnement et tenter de comprendre comment traduire ces impressions dans mon art.
Je m'inspire aussi d'autres artistes : leurs techniques, leurs styles et leur vision du monde. J'aime puiser des éléments à différentes sources et les combiner à ma façon. Pour moi, l'inspiration est un processus continu d'observation, d'apprentissage et de transformation de ce que je rencontre en quelque chose de personnel et de significatif.
Quel genre de musique écoutez-vous en peignant ?
Cela dépend vraiment de la situation et de mon humeur. J'aime beaucoup de styles de musique — du classique au hip-hop en passant par le rock — et je choisis ce qui me plaît sur le moment.
Cela dit, la musique n'est pas indispensable à mon processus créatif. Parfois je peins en musique, et d'autres fois je préfère le silence. Les deux peuvent être tout aussi inspirantes, chacune à sa manière.
Avez-vous eu un mentor ?
Je n'ai jamais vraiment eu de mentor. J'ai appris la plupart de ce que je sais par moi-même, grâce à une formation autodidacte et une pratique continue.
Cela dit, j'ai été influencée par de nombreux artistes tout au long de mon parcours – à travers des cours, des ateliers et leurs œuvres – ce qui m'a guidée de différentes manières. Je considère mon parcours comme largement autodidacte, façonné par la curiosité, l'expérimentation et une volonté constante d'apprendre.
Vous peignez tous les jours ?
J'essaie de peindre tous les jours, car c'est un excellent exercice qui me permet de rester dans un état d'esprit créatif et d'être plus efficace. Je trouve l'inspiration dans mon quotidien ; il y a toujours quelque chose qui peut faire naître une idée.
Cela dit, ça ne marche pas toujours : parfois je suis trop fatiguée ou prise par d’autres choses. Pour moi, créer est aussi une façon de me détendre et de me ressourcer, une sorte d’espace de calme au sein de mon quotidien. J’essaie donc de faire en sorte que ce soit naturel et non forcé.
Peignez-vous une toile à la fois ou travaillez-vous sur plusieurs simultanément ?
Cela dépend vraiment. En aquarelle, il faut souvent attendre que les couches sèchent avant de continuer ; il peut donc être utile d'alterner entre les différentes œuvres pendant ce temps. Parfois, prendre du recul par rapport à une peinture me permet aussi d'avoir un regard neuf.
Cela dit, j'aime souvent terminer une œuvre avant d'en commencer une autre. Cela m'aide à rester concentré et pleinement immergé dans le processus, tout en conservant ma flexibilité et en m'adaptant aux besoins de la situation et de l'œuvre.
Créez-vous d'abord une esquisse conceptuelle ?
Cela dépend de l'œuvre. Parfois, j'aime planifier à l'avance et même noter les étapes que je souhaite suivre, surtout lorsque je vise des effets spécifiques ou que j'utilise certaines techniques. Avoir ce genre de feuille de route peut s'avérer très utile.
Parallèlement, nombre de mes œuvres naissent spontanément. J'aime laisser place à l'intuition, voire au hasard, et laisser l'œuvre évoluer naturellement, sans plan préétabli.
Préférez-vous peindre en atelier ou en plein air ?
J'aime les deux. Peindre en plein air me procure beaucoup de joie ; j'adore pouvoir saisir l'inspiration sur le vif directement dans mon carnet de croquis, tout en profitant de l'atmosphère et du temps qu'il fait.
Travailler dans mon atelier à la maison présente aussi des avantages. Parfois, la météo ne permet tout simplement pas de peindre en extérieur, et dans l'atelier, j'ai tout ce qu'il me faut à portée de main. Je peux me préparer plus facilement, faire des pauses quand je le souhaite et travailler sans avoir à transporter tout mon matériel.
Combien de couleurs de base utilisez-vous ?
J'apprécie une large palette de couleurs, et tout particulièrement la variété et la qualité des pigments de Daniel Smith. Dans mes œuvres, je privilégie souvent une palette réduite – généralement trois à cinq couleurs – afin de créer harmonie et focalisation.
J'aime aussi travailler parfois en monochrome, ce qui me permet de me concentrer pleinement sur les valeurs de couleur et d'explorer les subtiles variations au sein d'une même teinte.
Tubes, casseroles ou bâtonnets ?
Cela dépend des circonstances. Pour certaines techniques, les tubes de peinture pâteuse sont importants et avantageux. En général, lorsque je travaille dans mon atelier à domicile, j'ai tendance à utiliser des tubes.
Lors de mes séances de croquis urbains, je privilégie les pinceaux ou les bâtonnets pour un équipement léger et facile à transporter. J'apprécie particulièrement les bâtonnets, car j'ai conçu un support sur mesure, imprimé en 3D, parfaitement adapté à mes besoins. Ce support permet de ranger plusieurs bâtonnets de tailles différentes sans en mettre partout. Le couvercle sert également de récipient pour l'eau et assure un transport et un rangement sûrs des bâtonnets.
Utilisez-vous du liquide de masquage ?
Oui, j'utilise parfois du liquide de masquage, surtout pour préserver certaines zones de ma peinture et éviter qu'elles ne soient touchées ou qu'elles restent blanches. C'est un outil très pratique en aquarelle pour protéger les rehauts et les détails.
À quel moment sait-on que son œuvre est terminée ?
C'est une bonne question, mais aussi une question difficile. En général, je sais qu'une œuvre est terminée quand je suis satisfaite du résultat. Parfois, il est utile de prendre du recul par rapport à l'œuvre ou de la regarder à nouveau plus tard. Souvent, cela permet de voir clairement s'il manque quelque chose ou s'il faut faire des ajustements.
En général, j'ai appris que la simplicité est la clé. Il est important de laisser place à l'imagination du spectateur, et une fois qu'une œuvre est trop travaillée, il est impossible de revenir en arrière.
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