La photo ci-dessous représente un paysage d'Arizona juste avant le coucher du soleil. Elle illustre bien les limites de la photographie. La scène réelle offrait des teintes roses et orangées très chromatiques, à la fois délicates et subtiles, dans le ciel, et de magnifiques couleurs chaudes et froides dans les broussailles au premier plan. De superbes gris neutres mettaient en valeur les ombres colorées. Autant d'éléments absents de la photo. Sur place, je prends des notes sur ces couleurs subtiles et pourtant si belles. Un croquis en couleur est le support idéal pour consigner ces informations.

Pour commencer cette peinture, j'ai organisé mes idées en réalisant une petite esquisse, puis j'ai ébauché les formes et les motifs. Cela m'a permis de définir la composition souhaitée. J'ai ensuite légèrement déplacé le cactus et les montagnes pour l'améliorer. Ne vous laissez pas enfermer par la composition de la photo : recadrez et remaniez à votre guise.

J'ai commencé à ajouter les zones sombres des arbres car elles serviront de points d'ancrage dans le tableau. Vert de sève peinture à l'huile et une touche de cramoisi d'alizarine Cela fonctionnait bien pour les zones sombres. Le côté plus clair de l'arbre, qui faisait également partie de la forme sombre, était Vert de sève et Quinacridone Or.

L'étape suivante consistait à esquisser les grandes formes sombres. Comme je peins directement (couleur à côté de couleur), je ne peins pas le ciel derrière l'arbre pour ensuite ajouter l'arbre par-dessus. Il faut que ce soient des formes distinctes, avec des contours nets et flous entre elles.
Ma palette comprend DANIEL SMITH Jaune citron, Jaune de cadmium, Pyrrol Scarlet, cramoisi d'alizarine, Rose de quinacridone, Quinacridone Or, Quinacridone Orange brûlé, Bleu outremer profond, Viridien et Blanc titane. J'aime limiter ma palette à dix couleurs.

Le blocage du sol au premier plan nécessitait une réflexion approfondie sur les valeurs. Le sol était d'une teinte terre très claire, mais il s'agissait de la nuance la plus claire du foncé. La valeur de la terre devait rester basse sur l'échelle pour un rendu correct. Pour que les montagnes lointaines s'éloignent, un autre changement de valeur était nécessaire : elles devaient se rapprocher davantage des tons du ciel que de ceux de la terre. Les zones sombres des nuages représentaient également un changement de valeur. Elles restent plus claires que n'importe quelle nuance de la terre. Beaucoup de débutants rendent le ventre des nuages beaucoup trop foncé.

Pour esquisser la toile, j'ai recouvert toute la surface avant de passer à un pinceau plus fin. Ce n'est qu'une fois satisfaite des valeurs et des couleurs que j'ai ajouté les détails. C'était la cerise sur le gâteau.
Ce tableau visait à retranscrire la merveilleuse lumière des derniers jours. Les couleurs des ombres s'estompent, tout en conservant leur richesse, avec une gamme de valeurs qui permet de distinguer un cactus d'un mesquite. Un bon exercice pour aiguiser son regard consiste à prendre une photo au coucher du soleil.

Revenez avec la photo en même temps et remarquez l'intensité des couleurs du paysage réel. Essayez d'intégrer mentalement les magnifiques nuances de gris qui harmonisent la scène. Les ombres sont les fondements d'une peinture. Sublimez-les !


