Qu’est-ce que la peinture “ expressive ” exactement ?

Quand je pense à la peinture expressive, je pense aux Fauves, aux expressionnistes, aux post-impressionnistes – des peintres comme Vincent Van Gogh, Henri Matisse, Pierre Bonnard et André Derain, pour n'en citer que quelques-uns. Des peintres qui ont choisi de s'affranchir du réalisme et de s'exprimer à travers des couleurs et des compositions vives et non naturalistes.

Il s'agissait d'artistes qui peignaient dans un style très personnel et subjectif. Bien sûr, les bases de la peinture doivent toujours être apprises : comment mélanger les couleurs, comment composer un tableau, comment utiliser les contrastes d'ombre et de lumière pour attirer le regard. Mais au-delà de ces bases, le peintre peut inventer sa propre approche. C'est pourquoi j'ai choisi de peindre dans un style expressif.

J'adore peindre avec de la peinture à l'huile onctueuse et j'aime particulièrement les couleurs vives proposées par DANIEL SMITH :

Titane poli
Rouge de cadmium teinte moyenne
Or vert
Jaune Hansa Moyen
Jaune indien
Jaune citron
Bleu clair violet
Alizarine cramoisie permanente
nuance bleu-vert phtalo
Rose de quinacridone
Blanc titane
Bleu outremer profond
Viridien
Ocre jaune

J'aime avoir une version chaude et une version froide de chacune des couleurs primaires : bleu, rouge et jaune. Les techniques picturales que j'ai choisies sont les suivantes : Médium pour peinture à l'huile et alkydes DANIEL SMITH et Huile de lin pressée à froid DANIEL SMITH.

J'ai choisi un panneau de bois carré de 45 cm. J'aime cette forme carrée pour les natures mortes florales ; elle apporte une touche de modernité à l'œuvre. J'utilise toujours des pinceaux à poils durs ou synthétiques, suffisamment rigides pour résister à des coups de pinceau vigoureux. Je trouve que les pinceaux en poils naturels deviennent trop mous une fois mouillés pour créer les coups de pinceau expressifs que je privilégie. Je considère les coups de pinceau comme l'expression de la personnalité du peintre et je m'efforce de ne pas les lisser lorsque j'ajoute de la peinture.

Mon inspiration, ce sont les compositions florales simples que je réalise généralement avec des fleurs achetées en supermarché (sauf en été, où je trouve des fleurs au marché local). J'envie les régions qui ont des fleurs fraîches toute l'année ! Je ne me préoccupe pas de la composition, je choisis simplement les fleurs qui m'inspirent ce jour-là et je les dispose dans l'un des vases de mon atelier. N'oubliez pas que la nature morte est avant tout une source d'inspiration, un moyen de faire naître une idée, et non une composition à reproduire fidèlement. Je conserve dans mon atelier un assortiment hétéroclite de vases, de nappes, de chutes de tissu et d'étoffes chinées aux puces, qui me servent de source d'inspiration.

Avec mon plus gros pinceau, j'ai d'abord appliqué une fine sous-couche transparente de couleur diluée avec de l'essence minérale inodore sur la surface de mon panneau et je l'ai laissée sécher. Il s'agissait ici de bleu phtalo appliqué en très fine couche. Cette sous-couche remplit deux fonctions : elle masque immédiatement l'aspect intimidant de la toile blanche et crée un éclat de couleur sous les couches de peinture.

J'ai esquissé un plan de composition, définissant l'emplacement de la table, du vase et le contour des fleurs. Parfois, j'utilise la sous-couche pour créer ce plan, ce qui positionne les objets sur la toile et donne vie à la composition. Ensuite, j'ai pris du recul pour vérifier si ma composition me convenait. Si nécessaire, je pouvais toujours effacer le dessin avec de l'essence minérale et recommencer.

À ce stade, ma méthode pour appliquer la peinture consiste à créer des couches ou des voiles de couleur, en commençant par de la peinture à l'huile diluée à l'huile de lin et en utilisant progressivement des peintures plus épaisses grâce au médium à peindre DANIEL SMITH. J'esquisse les formes des objets avec des tons foncés, en peignant du foncé vers le clair. Mon principe : du plus léger au plus épais, du foncé vers le clair.

J'ai continué à ajouter des variations de couleur à chaque zone du tableau, le faisant ainsi évoluer par couches successives. Lorsque mon élan s'est ralenti, j'ai pris du recul pour observer et me demander ce qui fonctionnait et ce qui ne fonctionnait pas. C'est à ce moment-là que j'ai ajusté les couleurs et les valeurs. J'essaie de rester spontanée et expressive sans ajouter trop de détails aux fleurs – il ne faut pas trop en faire, sinon on bascule vers le réalisme. Je m'arrête toujours avant de considérer le tableau comme terminé et je le laisse reposer jusqu'au lendemain. Le lendemain matin, j'ai ajouté des détails comme les étamines des fleurs, qui apportent une touche de contraste, ainsi que les motifs de la nappe. Après quelques retouches de valeurs dans différentes parties, j'étais suffisamment satisfaite du résultat pour utiliser ce tableau comme support publicitaire pour ma prochaine exposition personnelle !