Bayawak Il s'agit d'une aquarelle représentant un varan, une des nombreuses espèces présentes aux Philippines. Cette faune locale voit sa population diminuer en raison de la destruction croissante de son habitat et du braconnage pour sa viande. En peignant ce varan, j'ai souhaité sensibiliser le public à sa beauté unique et susciter l'admiration.

C'est sans doute le destin qui m'a donné l'occasion d'essayer de peindre ce varan, alors que je réfléchissais à la manière dont je le peindrais. DANIEL SMITH gris. Mes sujets de prédilection sont généralement les fleurs et, parfois, les paysages ; ma palette habituelle reflète donc cette inclination pour les couleurs vives. Cependant, pour le varan, il me fallait des couleurs plus douces. Les gris, composés principalement de tons neutres, semblaient parfaits.

Étape 1 : Mise en page et dessin

J'avais plusieurs options pour positionner le sujet. L'une d'elles consistait à l'étirer, accentuant ainsi la longueur du lézard, qui mesurait plus d'un mètre du museau à la queue. Une autre perspective possible était une vue de face, mettant l'accent sur le visage et sa longue langue. J'ai opté pour la vue en biais, qui révélait la plupart de ses traits et conférait à la pose une certaine dignité.

J'ai tracé mes repères sur un papier grain fin de 300 g/m² (140 lb) très légèrement avec un crayon F (l'image ci-dessus a été volontairement assombrie pour une meilleure visibilité en ligne). Le dessin est suffisamment détaillé pour me montrer le contour et les structures générales. J'ai observé les motifs plutôt que de dessiner chaque écaille. La taille, la forme, la couleur et l'orientation des écailles variaient selon leur emplacement sur le corps du lézard. Les lignes de contour me guideront pour le placement des écailles lorsque je réaliserai les détails à l'aquarelle.

Étape 2 : Rendu de la peau et de la forme

J'ai commencé par dessiner le motif de la peau, en observant la taille et la forme des écailles et en suivant les lignes de contour que j'avais tracées précédemment. Cela m'a beaucoup aidé à suggérer non seulement la musculature sous-jacente, mais aussi les plis flasques et lâches caractéristiques de ce type de varan.

Intégrer les détails en premier peut sembler contre-intuitif, car l'application de couches successives peut les aggraver et les alléger, mais c'est cette tendance que j'espère exploiter.

Étape 3. Couleurs utilisées

La couleur de base des contours est Gris titane. J'ai légèrement modifié ceci avec Or rouge australien ou Jaune citron pour les écailles jaunes. et l'a mélangé avec Jaspe rouge véritable ou Rouge de quinacridone pour produire des écailles teintées de rose. L'ajout de Gris Fresco d'Alvaro donne une belle couleur bleu-gris.

Étape 4 : Appliquer le produit pour suggérer la forme et mettre en valeur les traits.

Une fois le motif appliqué sur la face ventrale (dessous), j'ai passé un lavis d'une couleur plus foncée sur les zones d'ombre et les dégradés correspondant aux plis de la peau. Cette technique permet à la fois d'adoucir les détails sous cette nouvelle couche et de renforcer l'illusion de volume.

La dernière étape pour une zone consiste à réaliser des détails au brossage à sec afin de souligner ou de mettre en valeur un élément – nous y reviendrons plus tard. Pour laisser sécher complètement la zone que je venais de travailler, je suis passé à d'autres parties.

Le dos du lézard est plus foncé que son ventre. Pour les contours, j'ai opté pour Gris Fresco d'Alvaro, qui présente une nuance bleutée et a complété cela par Bleu cobalt.

Étape 5 : Pinceau, masquage et zones à laisser de côté

Un pinceau plat n° 2 en poils synthétiques de martre s'est avéré pratique pour créer le motif alvéolé sur la peau du lézard. Son corps plus long retient plus de peinture qu'un pinceau rond de même taille. Cela m'a permis de travailler plus longtemps sur les contours, avec moins d'interruptions pour recharger. Ici, j'appliquais Gris titane Des anneaux en préparation du rendu des taches jaunes sur la peau du lézard. Ce gris clair me permet de définir et de faire une transition facile vers les couleurs adjacentes (bleu et jaune).

Le liquide de masquage peut être un bon outil pour préserver les blancs ou les zones claires, mais comme je voulais des bords flous, j'ai opté pour des zones non peintes.

Étape 6 : Modelage à la peinture

Voici un autre exemple de la façon dont la forme et la taille des écailles, ainsi que l'observation du contour et de la direction, peuvent suggérer la forme et la musculature sous-jacente.

Étape 7 : Utilisation du contraste et définition d’une source lumineuse

Même en étant représenté de biais, la longueur du sujet posait problème. Pour apprécier le lézard dans son intégralité, il fallait le regarder de la tête à la queue et inversement. Si la tête et la queue étaient placées près des bords du tableau, le regard du spectateur risquait de se détourner de l'œuvre. Pour y remédier, j'ai éclairci les couleurs de la queue et du museau, réduisant ainsi le contraste avec le fond. J'ai accentué le contraste au centre du tableau, afin de ramener le regard à l'intérieur.

Pour que ce changement de luminosité paraisse logique, j'ai imaginé une source de lumière zénithale et ajusté les couleurs du dos du lézard en conséquence. Pour cette zone, j'ai utilisé une variation de tous les gris neutres. Bleu cobalt et Jaune citron comme base.

Étape 8 : Finition au pinceau sec

Je termine certaines zones en appliquant un brossage à sec de tons foncés pour souligner des détails comme cette ligne qui traverse le corps du lézard. Un peu de Pérylène marron mélangé avec Gris Fresco d'Alvaro Appliquée de manière stratégique, elle peut faire ressortir la caractéristique. La brillance à gauche est due à une application d'eau claire servant à corriger une imperfection.

Étape 9 : La perception de l’ensemble

Une fois toutes les parties terminées, je prends du recul et analyse l'image dans son ensemble. Malgré le temps considérable consacré aux détails de la peau, c'est le varan qui doit captiver le regard. L'harmonie prime sur les détails. L'appréciation des détails doit être secondaire par rapport à la cohérence de l'ensemble.

Un vieux pinceau rond synthétique, utilisé avec de l'eau claire, est idéal pour adoucir les zones où les détails sont trop marqués. Cela ne fait qu'enlever une partie du pigment de surface. Le papier pressé à chaud se tache facilement. Cette tache de couleur sur le papier peut néanmoins laisser suffisamment de définition pour que le motif de la peau paraisse convaincant.

Étape 10 : Ancrer l’image au sol

Une ombre peinte sous le varan permet de l'ancrer sur une surface et complète l'effet 3D.

Ce tableau a reçu une mention honorable dans la catégorie « Réalisme animalier » lors du troisième concours international d'aquarelle Abu Rawash Price.