Pourquoi un chat ? J'aime peindre les animaux en général. La nature, dans son ensemble, m'inspire énormément. Mais les chats ont quelque chose de vraiment spécial pour moi. Je vis dans une région où il y a beaucoup de chats errants, et l'un d'eux a maintenant élu domicile chez moi. J'ai ainsi l'occasion de les observer et de les photographier dans toutes sortes de situations, photos que j'utilise souvent pour mes tableaux. Quand on peint un sujet, il faut ressentir une certaine proximité avec lui. Lorsque je peins des chats d'après ces instants capturés, je ne peins pas simplement un chat, je peins l'instant que j'ai perçu. Je peins les émotions et le lien profond qui m'unit à ce moment.

Dans ce tableau, on est par un matin ensoleillé et l'un des chats errants, un mâle, cherche un endroit pour faire sa sieste. En bas à droite, un petit coléoptère va dans l'autre sens et s'arrête un instant pour attendre que le chat soit passé.

Je crois que, d'une certaine manière, l'aquarelle (le médium que j'affectionne tant) est un peu comme le chat parmi les autres matériaux artistiques. Les chats sont imprévisibles et font toujours ce qui leur plaît. C'est pareil avec l'aquarelle : même quand on pense “ ça y est ! Je sais tout ! ”, elle nous surprend encore ! Et pour tout vous dire, j'adore ça ! J'aime les surprises sur mon papier, je souhaite nouer une relation privilégiée avec l'aquarelle et j'apprécie sa nature même.

Photo de référence, croquis en valeurs et croquis au crayon sur papier aquarelle

Étape 1

Ce n'est pas vraiment une photo imprimée de qualité, mais peu m'importe : j'ai tout en tête, les couleurs et la lumière. La photo est juste un souvenir pour me rappeler l'émotion et saisir la pose dans ses proportions idéales. J'utilise mon carnet de croquis et je fais une petite étude de valeurs et de composition au crayon. Ensuite, je réalise un dessin au crayon rudimentaire sur du papier aquarelle grain fin de 300 g/m².

Premiers lavis à l'aquarelle

Étape 2

Ma première couche de lavis définit les zones chaudes et froides, ainsi que l'ombre portée principale, qui fait partie intégrante de ma composition. J'utilise ici un mélange chaud de ma palette – généralement des mélanges de Quinacridone Orange brûlé, Nickel jaune azoïque, Monte Amiata Sienne naturelle, et à certains endroits j'ajoute Terre lunaire pour obtenir la granulation. Mon mélange froid est généralement Bleu céruléen, Turquoise phtalo, Outremer français et Sépia en proportions variables. J'ajoute ici la granulation Bleu lunaire au fond. Pour l'ombre du chat, j'utilise Lueur lunaire, Bleu Verditer et Quinacridone Orange brûlé.

Ajouter des valeurs à la silhouette du chat pour construire la forme

Étape 3

Poursuivant les lavis, je commence à ajouter des valeurs à la silhouette du chat. J'utilise les mêmes couleurs que pour le fond, en ajoutant simplement un peu de… Corail de quinacridone Jusqu'aux oreilles. J'humidifie le papier à l'eau claire avec un pinceau plat avant d'appliquer les couleurs, et je vaporise de l'eau supplémentaire si des contours trop nets apparaissent. Si je souhaite un trait plus précis, j'essuie l'eau du pinceau et prélève davantage de pigment. Ainsi, même sur une surface humide, on maîtrise mieux le tracé. Pour la queue, je tire parti de la propriété de l'aquarelle de travailler humide sur papier humide pour obtenir cet effet de diffusion.

Ajouter des valeurs plus foncées aux ombres

Étape 4

Ici, je continue à accentuer les ombres sur le chat et celle en dessous, tout en ajoutant des détails au chat. Je ne patiente pas jusqu'à ce que le papier sèche complètement ; je poursuis simplement le travail. Certaines zones sèchent, d'autres restent humides, et j'obtiens ainsi naturellement diverses marques de pinceau, sans effort. Il est important d'avoir des contours flous et des contours nets, juxtaposés, sur l'ensemble du tableau. Je réfléchis aussi constamment à l'équilibre entre les couleurs chaudes et froides. Les couleurs froides côtoyant les couleurs chaudes rendent le tableau plus naturel et plus proche de la réalité, même pour un artiste qui n'est pas réaliste. Pour les zones les plus sombres, j'aime utiliser un mélange de… Sépia, Turquoise phtalo et Bleu Verditer avec Écarlate profonde.

Création de textures en arrière-plan

Étape 5

L'étape la plus amusante est la création des textures pour l'arrière-plan. J'utilise toutes les mêmes couleurs que celles déjà présentes sur ma palette, notamment Bleu lunaire et Terre lunaire, Car j'ai besoin de leur capacité à granuler pour créer des effets de texture. Ici, il n'y a pas de règles : j'utilise un pinceau plat sec, je projette des couleurs, je vaporise de l'eau, j'estompe les marques avec un essuie-tout… tout ce qui me passe par la tête. Il faut juste s'arrêter à temps pour éviter que la peinture ne paraisse trop travaillée ou trop sombre.

Vérification des valeurs d'arrière-plan

Étape 6

Ensuite, je vérifie la valeur de l'arrière-plan et décide d'ajouter une teinte plus foncée dans le coin inférieur droit. D'habitude, je fais une pause-café puis je reviens à la peinture pour l'observer d'un œil neuf. Cette fois-ci, j'ai constaté qu'il manquait de valeur et j'ai utilisé un mélange de… Écarlate profonde et Bleu Verditer. J'adore cette teinte gris argenté que j'obtiens avec ce mélange.

Ajout des derniers détails

Étape 7

Les finitions : j’ajoute quelques traits graphiques au pinceau fin avec le même mélange foncé que j’ai déjà, puis un personnage essentiel de l’histoire : le scarabée ! Parfois, ces traits graphiques enrichissent considérablement le tableau, mais il faut veiller à ne pas en abuser. Et n’oubliez pas de signer votre œuvre !

Autre voie de Sophie Rodionov (15 x 20″)