Comme tous les artistes, j'adore la couleur. Je dis souvent que je ne peux même pas franchir la porte d'un magasin de beaux-arts sans être accompagnée, car j'ai envie de presque tous les tubes de peinture et tous les pinceaux ! Mais en réalité, si la couleur est essentielle dans mes tableaux, elle est secondaire par rapport à la valeur. Ces deux facteurs doivent s'effacer devant une idée, une histoire ou une vision d'ensemble convaincante. La valeur et la couleur, prises isolément, aident l'artiste à créer, mais constituent rarement l'art en soi.

Voici ma palette de cartes à points :


Terre de Sienne brûlée
Lumière de Sienne brûlée
Rouge de cadmium teinte moyenne
Jaune cadmium clair
Bleu cobalt
Bleu sarcelle cobalt
Ocre française
Outremer français
Violet impérial
Jadeite authentique
Lavande
Violette lunaire
Teinte bleue manganèse
Nouveau Gamboge
Alizarine cramoisie permanente
Orange permanent
Terre d'ombre brute
Serpentine authentique

Quant à l'envie de posséder toutes les couleurs disponibles… aussi tentante que cela puisse paraître, ce n'est tout simplement pas nécessaire. Ce que j'apprécie le plus dans l'aquarelle, c'est son immédiateté et le fait qu'il faille très peu de matériel pour créer une œuvre de qualité. Du papier, des pigments, quelques pinceaux et bien sûr de l'eau – et le tour est joué ! Mais comme le nombre de matériel requis est réduit, leur qualité prend une importance accrue. Vous n'en aurez peut-être pas besoin de beaucoup, mais le choix du papier, des pinceaux et des pigments sur lesquels vous investissez votre argent est primordial.

Très souvent, que ce soit dans mes cours ou en ligne, on me pose une question similaire : “ Quel bleu (ou rouge ou jaune) avez-vous utilisé ? ” C’est une question légitime, mais il est presque toujours impossible d’y répondre clairement. Je mélange rarement les couleurs à l’avance sur ma palette ; je préfère les laisser se mélanger naturellement à la surface et au cœur même des fibres du papier. Ainsi, par exemple, le bleu que vous voyez dans mes tableaux est unique et nuancé par d’autres teintes avec lesquelles il s’est mélangé sur le papier.

Mais la caractéristique la plus marquante de mon style pictural est sans doute ma tendance à travailler presque exclusivement avec des couleurs complémentaires, qui contribuent à raconter l'histoire de la lumière qui, je l'espère, imprègne une grande partie de mon œuvre. Naturellement, lorsque deux couleurs complémentaires (toute variation des primaires – bleu, jaune ou rouge) se rencontrent, un gris ou une nuance intermédiaire apparaît. C'est une infinité de tons moyens uniques qui ne demandent qu'à être découverts. Mais c'est la puissance de ces gris et de ces tons moyens, juxtaposée à l'éclat des couleurs plus pures, qui peut donner tant de vie à une œuvre. La façon dont les bleus vibrent et s'animent en se mêlant aux oranges sur le papier peut être très intense et lumineuse. Les violets, lorsqu'on les mélange à différentes nuances de jaune, peuvent transmettre des vibrations très différentes, souvent plus douces. Et les tons chauds de la terre, obtenus en faisant fondre des rouges dans des verts, peuvent créer une infinité de tons moyens vivants et transparents qui ne cessent de m'émerveiller.

Au fil du temps, j'ai beaucoup expérimenté avec ma palette, cherchant à minimiser le nombre de pigments “ essentiels ” et à trouver les couleurs les plus fiables et polyvalentes, offrant un large éventail de possibilités créatives et expressives. J'ai fini par privilégier les pigments à base de sédiments plutôt que ceux à base de teinture. En effet, ils me permettent de créer des valeurs plus convaincantes et de réaliser des lavis qui font flotter le pigment sur les reliefs de mon papier texturé préféré, tout en lui permettant de s'infiltrer dans les creux. Le résultat est souvent une peinture qui, une fois sèche, paraît plus chatoyante et vivante que si je réalisais une peinture sur une surface lisse. Ces lavis semblent également avoir plus de profondeur et de transparence, tout en conservant cet aspect “ encore humide ” que je recherche. .

DANIEL SMITH a créé pour moi une palette de pigments essentiels, soigneusement sélectionnés pour leurs tons complémentaires que j'affectionne et pour leur résistance à la lumière, leurs propriétés sédimentaires et leur transparence exceptionnelles. Comme tous leurs pigments, ceux-ci sont d'une qualité et d'une homogénéité irréprochables. Leur intensité et leur capacité à se mélanger sur le papier sont tout simplement extraordinaires ; c'est un vrai plaisir de les utiliser. Avec seulement quelques-uns de ces pigments, votre peinture peut véritablement vibrer et résonner. Pour reprendre les mots de la grande Jeanne Dobie (ma première professeure d'aquarelle et sans doute la meilleure coloriste que j'aie jamais rencontrée) : elle se met véritablement à chanter.